Chroniques

Retrouvez ces petites chroniques dans un mail envoyé chaque week-end, où nous écrivons un petit mot sur les activités de la semaine et partageons une idée recette avec la liste des légumes de saison. 

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On assiste depuis quelques jours à l’explosion de la nature, la vie sort de partout et tout pousse.  

Bien sûr cela nous arrange quand on voit les pois se former, les courgettes apparaître et le feuillage des pommes de terre traverser le paillage.  Mais cette vie déborde et s’invite sur les zones réservées aux plantations, alors on désherbe, beaucoup même !  Tout en multipliant les tâches au champ pour suivre notre planning : planter, semer, arroser, tondre ou encore installer les grillages pour que les pois s’accrochent, enlever les filets maintenant qu’il fait assez chaud…    Là, nous avons encore l’impression de maitriser la situation, naïvement, à ce moment de la saison, nous pensons que cette année c’est bon, nous avons trouvé le bon rythme, le printemps peut s’installer, nous ne perdrons pas le fil.   Mais au fond nous savons très bien que courir après la nature sera vain.   Comme chaque été, nous aurons ce sentiment d’être un peu dépassés face à toute l’énergie qu’elle déploiera jusqu’à septembre.

Souvent l’on nous demande si nous ne nous sentons pas un peu isolés dans notre champ.

C’est vrai qu’au début nous nous sommes aussi posé la question. Et là je pense à la semaine qui vient de s’écouler :

• les épiceries sont venues récupérer leurs commandes • mardi pour la vente à la ferme, les clients étaient au rendez-vous

• un nouveau partenaire a souhaité découvrir notre façon de travailler.

• un élagueur nous a déposé du broyat.

• une proche est venue passer deux jours.

• vendredi une soixantaine d’élèves de maternelles a visité la ferme.

Une ferme, drôle de mot d’ailleurs pour décrire un lieu ouvert ; ouvert sur l’extérieur, propice aux rencontres et aux apprentissages !

Alors quand parfois, nous nous retrouvons seuls dans le champ, nous apprécions aussi !

C’est la cinquième saison qui commence, nous voyons bien que nous avons gagné en efficacité dans notre travail.
Les habitudes se prennent, les gestes deviennent plus assurés, les outils se perfectionnent et pourtant toujours ce même stress du printemps, ces mêmes questions courant avril. 
Est ce que cela va lever, pousser, grandir ?  Réuissirons-nous à contenter tous nos clients et seront-ils au rendez-vous ?
Allons-nous réussir à valoriser notre travail ? 
Nous ne repartons pas de zéro mais il y a toujours cette impression de commencement.
A chaque saison, nous remisons ; nous parions sur la nature, la météo et sur vous !

Les ventes à la ferme sont terminées depuis déjà deux mois et souvent vous nous demandez ce qu’il se passe à la ferme lorsque les ventes s’arrêtent :

En février, c’était surtout le mois où nous avons fait toutes ces petites choses que nous reportons tout au long de l’année à l’hiver.

  … Trier, ranger, nettoyer, réparer, réaménager, se former…

La ferme est un lieu de vie, pour le rester, elle a besoin de ce temps où l’on prend soin d’elle, tout en ré-interrogeant nos habitudes pour préserver notre enthousiasme.

En mars, tout doucement le printemps se rappelle à nous, c’est le moment d’enlever les bâches et de démarrer les cultures de plein champ (oignons, pommes de terre, carottes, épinards…)

 

La pépinière commence à déborder, les plants de blettes, courgettes, aubergines, salades, céleris… attendent leur tour pour être plantés.

 

Il est grand temps de nous plonger dans le planning 2022. Chaque année à cette période nous passons beaucoup (trop) de soirées à planifier les cultures en reprenant et ajustant ce qui a fonctionné ou non au champ. Pour cela, nous prenons chaque légume un par un (environ une quarantaine) pour noter les dates prévues de semis et de repiquages, les quantités de graines nécessaires, l’emplacement dans le champ et les dates espérées de récolte. Pour certains légumes, c’est très simple, une date de semi et une date de récolte suffisent, comme pour les oignons, plantés fin mars, récoltés fin juillet puis stockés. Pour d’autres, cela se complique, les épinards par exemple, nous devons prévoir huit semis différents sous serre et en extérieur pour en avoir tout au long du printemps puis en automne/hiver. A cela s’ajoute les caractéristiques liées aux variétés, pour les choux-fleurs, à nous de choisir la bonne variété à la bonne période, le goodman arrivera en juin, le neckarperle à l’automne et le tardif d’Angers passera tout l’hiver au champ et fera sa pomme en mars/avril. Ces moments de réflexion ne sont pas toujours limpides : « Attends, tu parles du semi ou du repiquage ? » ou « Les tomates flammées, les petites jaunes ? Oui on en fait plus, tout le monde les aime ! » Bref, vous l’aurez compris, lors de ces soirées nous pensons à vous, clientes et clients et à ce qu’il vous fera plaisir de cuisiner !

Sur les deux hectares qui nous arpentons chaque jour, il est toujours étonnant de réaliser comme l’espace si familier peut nous apparaître si différent au fil des mois.

Début décembre, les pieds dans la gadoue, le bout du champ que l’on distingue dans la brume, il est doux et rassurant de se rappeler qu’à ce même endroit, d’ici cinq mois, les sureaux en fleurs seront mis en bouteille pour en faire du pétillant, les abeilles feront leurs premières sorties et les petits pois seront prêts à être récoltés.

Cette perspective printanière, nous accompagnera dans le champ aujourd’hui, lorsque nous préparerons les commandes des restaurants emmitouflés et bercés par le vent et la bruine !

En travaillant avec les saisons et en pratiquant des activités liées à l’agriculture et au travail des champs, nous avons pu comprendre (souvent malgré nous) la signification et l’origine d’expressions régulièrement utilisées. Le plus souvent, c’est en les utilisant au sens propre que le sens figuré nous est apparu évident ! Un exemple, c’est le début de l’automne, les journées raccourcissent, les derniers haricots viennent d’être récoltés et la longue période de l’hiver nous attend. Cette « fin des haricots »  en dit long sur les mois qui nous attendent… Ou encore quand je vois au champ les poireaux plantés en juin et qui attendront tout l’hiver au champ, fièrement dressés sous le vent et la pluie à attendre qu’on les récolte, on comprend mieux pourquoi il n’a y rien de passionnant à « poireauter » !

En nous imaginant devenir maraichers, nous savions que nous allions semer, planter, récolter des légumes, monter des serres, les remonter, désherber les cultures, mais nous n’avions pas imaginé que nous allions autant parler cuisine. Pourtant, la finalité de notre métier se passe bien dans vos cuisines. Toute cette énergie est mise au service de vos repas.
Aujourd’hui, cette dimension donne tout son sens à notre métier, à nos journées et sans ces échanges avec vous il nous manquerait quelque chose.
 
Quel plaisir de vous donner des idées recettes, de savoir que vous vous êtes régalés avec les poireaux, fait un test réussi avec la Sucrine du Berry ou que votre petite fille n’a jamais autant mangé de tomates.
C’est pour cela que chaque semaine, nous aimons parler cuisine dans ce mail et que cet espace est également le vôtre !

A partir de l’automne, certains légumes demandent à être récoltés puis stockés pour être vendus tout au long de la saison. D’autres supportent le froid, ils resteront au champ et seront récoltés tout au long de l’hiver.

Les légumes qui restent au champ : poireaux, choux verts et rouges, choux de Bruxelles, choux kale, mâche, blette, céleris raves, panais.

Les légumes stockés en cave : navets, betteraves rouges et chioggia, pommes de terre, patates douces, hélianthis (proche du topinambour).

Les courges, récoltées début octobre, sont conservées dans une pièce chauffée pour tenir tout l’hiver.

L’ail, les échalotes, oignons jaunes et rouges ont été récoltés cet été et sont depuis stockées au sec.